Les terreurs nocturnes. Dormez là-dessus!

Terreurs nocturnes ou cauchemars : comment savoir qui est qui?

Les terreurs nocturnes portent bien leur nom : la « terreur » décrit en effet précisément ce que retiennent les personnes qui en ont vécues. Les terreurs nocturnes se caractérisent par des symptômes physiques observables à peu près identiques à ceux de la peur, tels que l’accélération du rythme cardiaque et la transpiration. De ce point de vue, elles ressemblent plus à des crises de panique qu’à des cauchemars, à ne pas confondre.

Les terreurs nocturnes se produisent en général au début de la nuit. Alors qu’elle dort encore, la personne endormie peut :

  • Semblée inconsolable, être incapable de répondre à nos questions
  • Se redresser dans son lit, les yeux ouverts, avec une expression de peur et de panique ; avoir l’air éveillée
  • Se montrer contrariée, effrayée, confuse, agitée
  • Se débattre, apparaitre affolée
  • Hurler de détresse ou crier
  • Respirer rapidement, présenter un rythme cardiaque élevé et transpirer
  • Si on la réveille, éprouver une sensation de terreur ou d’effroi

Les épisodes de terreurs nocturnes classiques peuvent être terrifiantes à observer, mais, soyez rassurés, ils s’arrêtent dans bien des cas aussi subitement qu’ils ont commencé, sans raison apparente. Si vous êtes témoin d’une terreur nocturne, souvenez-vous aussi qu’elles durent entre une et cinq minutes, même si elles peuvent être parfois plus longues, par exemple chez les jeunes enfants. Une fois l’épisode passé, les dormeurs reprennent leur cycle de sommeil normal et dorment sur leurs deux oreilles. Le lendemain, ils ne se souviennent de rien et n’éprouvent aucune peur, à moins qu’ils ne se soient réveillés pendant l’épisode.

Les cauchemars et les terreurs nocturnes sont souvent mélangés, mais les terreurs sont beaucoup moins fréquentes que les cauchemars. Le tableau ci-dessous illustre les principales différences entre les deux. Même si les deux états provoquent un fort sentiment de peur après le réveil, plusieurs caractéristiques permettent de les distinguer et ainsi d’agir en connaissance de cause :

Caractéristiques Terreurs nocturnes Cauchemars
Symptômes physiques de peur
Manifestations physiques de peur ou de terreur intenses, telles que l’accélération du rythme cardiaque, transpiration, cris et confusion mentale.
Aucune manifestation physique de peur ou très peu.
Souvenirs au réveil
Inexistants ou très vagues le matin au réveil. Par contre, si la personne se réveille pendant un épisode de terreurs nocturnes, elle peut évoquer un sentiment de peur intense ou des visions effroyables plutôt qu'un récit.
Un récit ou un fragment du rêve peut être reconstitué au réveil.
Intervention
Puisque l’éveil peut susciter la peur, éviter de réveiller le dormeur pour le réconforter. Il sera difficile de réveiller et de rassurer la personne à cause de la peur et de la terreur ressenties.
Le dormeur peut être réveillé pour arrêter le cauchemar et être réconforté. Il est facile de réveiller la personne et plus ou moins difficile de la rassurer, selon ce qu’elle se souvient du cauchemar.
Quand est-ce que ça se produit
Surtout pendant la première partie de la nuit lors des premiers stades du sommeil profond (sommeil lent).
… surtout pendant la dernière partie de la nuit lors des dernières phases du sommeil paradoxal, qu’on appelle aussi sommeil à mouvements oculaires rapides (MOR).
Qui est touché
Plus fréquentes pendant la petite enfance (âge préscolaire), peuvent néanmoins toucher des personnes de tout âge.
Plus fréquents pendant l’enfance (âge scolaire), peuvent néanmoins toucher des personnes de tout âge.

Comme les enfants sont les plus touchés, les parents témoignent souvent de l’aspect dramatique des terreurs nocturnes. Il est souvent rapporté qu’un épisode de terreurs nocturnes est plus éprouvant à observer que la plupart des cauchemars, notamment parce que rien ne rassure l’enfant. Il y aurait jusqu’à 40 % des enfants qui expérimentent des terreurs nocturnes avant l’adolescence et moins de 2 % des adultes en souffriraient. C’est chez les garçons et les fillettes d’âge préscolaire que les cas sont les plus nombreux.

Que faire ou ne pas faire?

Évitez le stress et le manque de sommeil qui sont les principaux responsables de l’occurrence des terreurs nocturnes. Gardez en tête que de dormir un nombre suffisant d’heures et d’avoir un horaire régulier de lever et de coucher sont des facteurs clé pour prévenir les épisodes.

Il n’existe pas de traitement psychologique ou de médicaments spécifiques contre les terreurs nocturnes. Cependant un suivi médical ou psychologique peut être d’une grande aide pour changer ce qui déclenche les terreurs nocturnes telles que de régulariser son horaire et sa routine de sommeil ainsi que son hygiène de vie pour inclure une saine gestion du stress.

Il est naturel de vous sentir désemparé ou de vous affoler devant l’humeur inconsolable, l’état d’agitation et l’expression de peur des personnes en proie à des terreurs nocturnes. Ce sont des moments éprouvants, tous les parents vous le diront ! Souvenez-vous, la meilleure manière de réagir consiste à rester calme, à ne pas essayer de réveiller la personne et à s’assurer que celle-ci ne se blesse pas. Réveiller un enfant ou un adulte pendant un épisode de terreurs nocturnes n’est pas la meilleure chose à faire car cela peut augmenter leur état de peur et de confusion, et même prolonger l’épisode puisqu’ils auront besoin de plus de temps pour se calmer et retrouver un sommeil plus calme. Toujours en étant bien endormis, les dormeurs au prise avec une terreur nocturne, enfants comme adultes, se calment au bout de quelques minutes et retrouvent seuls un sommeil plus paisible. Les parents ou les compagnons de lit peuvent, sans réveiller le dormeur, l’aider à arrêter l’épisode en lui parlant très doucement et en restant à ses côtés pour éviter qu’il ne se blesse.

Le lendemain ou les jours suivants, il n’est pas nécessaire de reparler de ce qui s’est passé, à moins que l’enfant ou l’adulte n’aborde le sujet lui-même. Lorsqu’il s’agit de protéger la qualité du sommeil, il est tout aussi primordial d’avoir une routine de sommeil positive, apaisante et non-stressante, qu’il est essentiel qu’elle soit régulière. Étant donné que, dans la grande majorité des cas, l’épisode ne laisse aucun souvenir, évoquer son caractère terrifiant pourrait faire naître la peur d’aller se coucher et ainsi provoquer ou amplifier ce qui a pu causer l’épisode, le stress.

Quelles sont les causes des terreurs nocturnes ?

Bien qu’on ne comprenne pas encore complètement ce qui cause les terreurs nocturnes, il a été établi que certains facteurs peuvent les déclencher, tant chez les enfants que chez les adultes :

  • Le surmenage, le manque de sommeil occasionnel ou la privation de sommeil chronique
  • Le stress (déménagement, rupture, changement à l’école ou au travail) ou les difficultés à s’endormir dans un nouvel environnement (changement dans les habitudes de sommeil)
  • Être malade, par exemple quand on a le rhume
  • Commencer la prise d’un nouveau médicament
  • D’autres troubles du sommeil, tels que la narcolepsie chez l’adulte

Il semble qu’il puisse y avoir une origine génétique parce que des membres d’une même famille affirment aussi avoir connu des épisodes de terreurs nocturnes ou de somnambulisme. En fait, les terreurs nocturnes ont plus de caractéristiques communes avec le somnambulisme qu’avec les cauchemars. De plus, d’après des études récentes, certains jeunes enfants ayant des terreurs nocturnes auront plus tard dans leur vie des épisodes de somnambulisme. En effet, les deux conditions se présentent lorsque le cerveau se développent pendant l’enfance (i.e. : un phénomène neuro-développemental). Ainsi, à mesure que le système nerveux central se développe, les risques de terreurs nocturnes diminuent.

Quelles sont les conséquences des terreurs nocturnes?

Les terreurs nocturnes ne représentent pas un problème en soi pour les enfants ou les adultes qui sont touchés. En dehors des risques de blessures accidentelles, les terreurs nocturnes sont relativement inoffensives. De plus, chez la majorité des enfants, elles disparaissent avec l’âge et restent occasionnelles.

Chez les adultes qui souffrent de terreurs nocturnes, plus que chez les enfants, la peur des épisodes terrifiants peut se transformer en peur ou stress d’aller se coucher ou même en anxiété dans les cas les plus problématiques. Selon le nombre d’épisodes par nuit, la mauvaise qualité du sommeil associée aux terreurs nocturnes peut provoquer de la fatigue. Dans de rares cas, les activités diurnes peuvent en être affectées.

Toutefois, comme dans la plupart des troubles du sommeil, elles constituent une cause potentielle de perturbation et de privation de sommeil chez les parents ou les personnes qui vivent sous le même toit.