Ne fermez pas les yeux sur l’apnée obstructive du sommeil !

Vous ronflez ou vous vous sentez toujours somnolent* SOMNOLENCE VS FATIGUE La somnolence est l’envie ou le besoin, difficilement répressible, de dormir pendant la journée. À ne pas confondre avec la fatigue, c’est-à-dire une sensation d’épuisement physique ou mentale qui incite à se reposer, sans toutefois se traduire par un sommeil involontaire ou une envie excessive de dormir. Les gens fatigués peuvent combattre sans grandes difficultés le sommeil pendant la journée. Par contre, les gens somnolents sont pour ainsi dire envahis par le sommeil : ils peuvent tomber endormis en classe, au travail ou en conduisant, par exemple. La somnolence n’est pas un état normal. Elle est associée à une perte ou à une mauvaise qualité de sommeil aiguë (privation de sommeil) ou chronique. Il s’agit d’un symptôme important de certains troubles du sommeil, mais aussi de certains problèmes médicaux ou psychologiques. Ne fermez pas l’œil sur la somnolence ! : souffrez-vous d’apnée du sommeil ?

On sait tous à quel point il est important de respirer normalement. On a tous volontairement retenu ou involontairement perdu son souffle (ce qu’on appelle « apnée »). Par exemple, certains se souviendront des concours « de qui retient son souffle le plus longtemps » dans la piscine en été ou d’avoir perdu le souffle après une chute sur une plaque de glace en hiver. Eh bien, le trouble de l’apnée du sommeil coupe le souffle de cette façon !

De jour comme de nuit, une respiration régulière et complète est essentielle au maintien du bien-être et de la santé. Cela peut sembler évident, mais l’apnée du sommeil, souvent minimisée ou méconnue, nous passe souvent sous le nez.
L’apnée obstructive du sommeil (AOS) survient lorsqu’une personne qui dort arrête involontairement de respirer ou voit sa respiration obstruée plusieurs secondes d’affiliée, et ce, de façon répétitive et chronique. Le dormeur tente de respirer, mais l’air ne passe pas ou difficilement. Il s’agit du trouble respiratoire du sommeil le plus courant. S’il n’est pas traité, ce trouble peut avoir des répercussions majeures sur la santé, car une respiration régulière et sans entrave est le mécanisme vital qui fournit un apport constant d’oxygène à votre corps et à votre cerveau afin qu’ils fonctionnent bien, jour et nuit.

En vous endormant, le tonus musculaire diminue à mesure que tous les muscles de votre corps se détendent. Ceci inclut les muscles entourant les voies respiratoires supérieures, comme ceux de la bouche, de la langue et de la gorge.

Par contre, lorsque ces muscles perdent trop de leur tonus et provoquent l’affaissement (partiel ou complet) des voies respiratoires supérieures de façon répétée pendant le sommeil, c’est-à-dire plusieurs fois par heure, on parle d’AOS. Lorsqu’il y a une obstruction ou une fermeture involontaire des voies respiratoires, l’apport d’air est insuffisant et la quantité d’oxygène commence à diminuer dans les poumons et dans les cellules. Votre corps déclenche un signal d’alarme afin de rétablir au plus vite les niveaux d’oxygène. Le tonus musculaire est ainsi réactivé, ce qui permet l’ouverture des voies respiratoires et une pleine respiration. Cette réaction d’urgence peut se traduire par ce que l’on appelle un micro-éveil.

Le plus souvent, les dormeurs ne sont pas conscients de ces micro-éveils ou du fait qu’ils manquent d’air lors des apnées. Ces symptômes ont tout de même des répercussions négatives sur la santé, la qualité du sommeil et la vie quotidienne. Reconnaissez-vous les symptômes nocturnes et diurnes suivants ? Puisque l’apnée, c’est-à-dire l’affaissement des voies respiratoires supérieures, tend à passer inaperçu, les personnes qui en souffrent signaleront plutôt certaines de ces manifestations suivantes.

Symptômes pendant le sommeil (nocturnes) Symptômes le jour (diurnes)
Apnée, obstruction ou interruption de la respiration répétitives et chroniques pendant quelques secondes (rarement signalées par l’individu concerné ; plutôt observées par la personne avec qui il partage son lit).
Somnolence * SOMNOLENCE VS FATIGUE La somnolence est l’envie ou le besoin, difficilement répressible, de dormir pendant la journée. À ne pas confondre avec la fatigue, c’est-à-dire une sensation d’épuisement physique ou mentale qui incite à se reposer, sans toutefois se traduire par un sommeil involontaire ou une envie excessive de dormir. Les gens fatigués peuvent combattre sans grandes difficultés le sommeil pendant la journée. Par contre, les gens somnolents sont pour ainsi dire envahis par le sommeil : ils peuvent tomber endormis en classe, au travail ou en conduisant, par exemple. La somnolence n’est pas un état normal. Elle est associée à une perte ou à une mauvaise qualité de sommeil aiguë (privation de sommeil) ou chronique. Il s’agit d’un symptôme important de certains troubles du sommeil, mais aussi de certains problèmes médicaux ou psychologiques. Ne fermez pas l’œil sur la somnolence ! excessive
Ronflements, sifflement
Sommeil non réparateur
Étouffement ou halètement
Fatigue (manque d’énergie)
Le partenaire de lit se plaint ou s’inquiète des ronflements ou de l’interruption de la respiration ; doit dormir dans une autre pièce.
Problèmes de concentration ou pertes de mémoire (symptômes cognitifs).
Réveils brefs/micro-éveils
Maux de tête matinaux
Incontinence urinaire - énurésie
Sècheresse de la bouche au réveil
Transpiration en dormant
Irritabilité et sautes d’humeur
Symptômes plus rares :
o Sommeil agité
o Cauchemars
o Symptômes d’insomnie
o Besoin fréquent d’uriner (nycturie)
• Acid reflux, heartburns
• Erectile dysfunction and/or low sex drive

Les ronflements, quant à eux, sont également liés à un relâchement excessif des muscles entourant les voies respiratoires. Toutefois, au lieu de s’affaisser, celles-ci vibrent, ce qui produit ce son caractéristique ressemblant à celui d’un moteur ou d’une tronçonneuse. Les ronflements comme tels n’induisent pas un manque d’air et d’oxygène et ne provoquent pas de symptômes diurnes ou chroniques, car ils n’influent ni sur la qualité du sommeil, ni sur l’apport en oxygène. Cependant, les ronflements peuvent s’accompagner d’apnées de sommeil.

Il ne fait aucun doute que, la qualité du sommeil des personnes qui partagent le lit des ronfleurs et des ronfleuses peut être très affectée. Les ronflements non accompagnées d’o du sommeil sont plus un désagrément social qu’un problème clinique, même s’ils font trembler les murs.

N’importe qui peut ronfler, autant les femmes que les hommes. Les ronflements seront pires si l’on est plus fatigué que d’habitude, si on dort sur le dos avec la langue qui tombe vers l’arrière, lorsqu’on est enceinte ou qu’on a bu de l’alcool. Par contre, les ronflements pendant l’enfance sont inhabituels et doivent faire l’objet d’un examen afin de vérifier que rien n’obstrue la respiration, par exemple des amygdales hypertrophiées. Comme pour les adultes, les ronflements chez l’enfant peuvent être un symptôme d’apnée du sommeil. Et qui dit apnées, dit conséquences potentielles sur développement et la santé de l’enfant ainsi que son fonctionnement diurne.

L’apnée obstructive du sommeil est un trouble persistant et très répandu qui peut manifester à tout âge.

Les estimations varient, mais il s’agit d’un problème de santé majeur dans le monde entier, qui est malheureusement largement sous-diagnostiqué et sous-traité (surtout chez les femmes, les enfants et les jeunes adultes ayant un poids santé. L’AOS est un des troubles du sommeil les plus fréquents.

L’apnée obstructive du sommeil ne touche pas seulement les hommes ou les personnes qui souffrent d’obésité. L’âge avancé, la grossesse, une certaine physionomie faciale, comme une petite mâchoire ou un menton fuyant, et l’embonpoint constituent des facteurs de risque accru.

Que faire ou ne pas faire pour lutter contre l’apnée obstructive du sommeil ?

Dans le cas de l’AOS, mieux vaut prévenir que guérir et agir avant que les conséquences ne deviennent irréversibles. Dans la mesure où les apnées affectent la qualité du sommeil ainsi que l’apport en oxygène, elle peut avoir de graves répercussions autant sur votre vie quotidienne, votre sécurité que sur votre santé (consultez la section suivante sur les répercussions de l’AOS). Gardez à l’esprit qu’il existe des solutions et des traitements efficaces pour prévenir les effets nuisibles de ce trouble du sommeil de type respiratoire.

Si ce trouble respiratoire du sommeil n’est pas reconnu et traité, il peut entraîner des conséquences irréversibles : déclin cognitif et troubles de la mémoire, maladies cardiaques, diabète ou accidents vasculaires cérébraux et moteurs dus à une faible vigilance.

Chez les enfants, les effets négatifs de l’AOS, comme la mauvaise qualité du sommeil, le manque de sommeil et l’oxygénation insuffisante du cerveau, peuvent entraîner des séquelles développementales sur les plans physique et psychologique et en matière d’apprentissage.

Les symptômes diurnes de ce trouble respiratoire du sommeil peuvent donner lieu à des diagnostics erronés, tant chez les enfants que chez les adultes : par exemple, trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), troubles d’apprentissage ou problèmes de santé mentale, tels que la dépression. Voilà de bonnes raisons de prendre le taureau par les cornes et de se faire aider.

Une autre bonne raison d’agir tient à ce que la plupart des symptômes nocturnes et diurnes (voir ci-dessus) disparaissent rapidement lorsque l’AOS est traitée correctement et en temps opportun. La majorité des symptômes quotidiens, comme la fatigue, la somnolence et les maux de tête notamment, se résorbent en quelques jours. Dans le cas des problèmes cognitifs, les interventions porteront leurs fruits en quelques mois, généralement.

Si vous faites des apnées pendant votre sommeil, votre partenaire de lit ou même les personnes qui vivent sous le même toit que vous ont probablement conscience de votre problème respiratoire et s’en inquiètent. Si tel est le cas, il serait bon de prendre en compte leurs plaintes et d’y donner suite.

En cas de somnolence excessive, consultez, car il s’agit d’un signal d’alarme. La somnolence grave peut indiquer un état sous-jacent qui peut aller d’un trouble du sommeil, à un problème d’ordre psychologique ou médical. De plus, elle augmente considérablement le risque d’accidents ou de blessures sur les lieux de travail ou au volant. La somnolence de longue durée qui ne découle pas d’un manque intentionnel de sommeil (privation de sommeil) devrait vous inciter à consulter votre médecin ou un professionnel de la santé compétent en matière de sommeil, car elle constitue un risque important pour votre santé et votre sécurité.

De manière générale, les facteurs suivants accentuent les ronflements et l’apnée du sommeil car ils empirent les problèmes de vibration, d’obstruction et de fermeture des voies respiratoires :

  • L’obstruction nasale, par exemple le nez bouché
  • Tout ce qui diminue le tonus des muscles entourant les voies respiratoires, comme l’alcool ou les somnifères
  • Tout ce qui rétrécit les voies respiratoires supérieures, par exemple le tissu adipeux (gras) lié au surpoids, certaines caractéristiques anatomiques (palais étroit, petite mâchoire ou menton fuyant) et le fait de dormir sur le dos avec la langue qui va vers l’arrière (à cause de la perte de tonus musculaire)

Comme vous le saviez probablement déjà, la position du dormeur peut contribuer au ronflement ou aux apnées et peut être déterminante quant à la qualité du sommeil, mais elle ne suffit pas à expliquer l’AOS. Il est crucial d’obtenir le bon diagnostic, car c’est le premier pas vers un traitement adapté.

Une fois que la privation temporaire de sommeil et ou les autres troubles médicaux et psychologiques susceptibles de causer les symptômes ont été écartés, il est temps de consulter un spécialiste du sommeil. Dans le cas des ronflements suspects ou d’apnées pendant le sommeil, il pourrait s’agir de spécialistes des fonctions respiratoires, tels qu’un médecin pneumologue et un inhalothérapeute.

Vos habitudes et votre hygiène de sommeil, de même que des facteurs tels que la consommation d’alcool le soir, l’exercice, les habitudes alimentaires et le contrôle du poids, seront passés en revue, car ce sont des éléments contributifs importants (pour en savoir plus sur l’hygiène du sommeil, consultez la rubrique « Pourquoi dormir ? »).

L’étape suivante du processus de diagnostic différentiel (type de diagnostic visant à éliminer les autres causes possibles de vos problèmes) est l’étude du sommeil : celle-ci vise à exclure d’autres troubles du sommeil pouvant causer de la somnolence excessive (hypersomnie, narcolepsie, mouvements périodiques des membres, etc).

Il s’agit d’une combinaison de mesures subjectives et objectives du sommeil, effectuées à domicile ou dans une clinique du sommeil par des professionnels du sommeil. Elle peut consister à remplir des questionnaires, à tenir un journal de sommeil et à évaluer la qualité globale du sommeil au moyen de divers tests physiologiques.

La qualité et l’architecture de votre sommeil seront analysées au moyen d’un polysomnogramme (PSG). Cet examen indolore consiste à placer plusieurs électrodes sur votre peau afin de mesurer les activités électriques de votre cerveau et de vos muscles pendant votre sommeil. L’étude du sommeil visant à diagnostiquer l’AOS évalue surtout les fonctions respiratoire et pulmonaire. Pour ce faire, les fréquences respiratoires et les niveaux d’oxygène sont enregistrés à l’aide d’une canule nasale, d’une ceinture d’effort placée sur la poitrine et l’abdomen et d’un capteur fixé au bout d’un de vos doigts, par exemple.

Pour de plus amples informations sur l’étude du sommeil, nous vous invitons à consulter le guide pour les patients de la Société canadienne du sommeil (SCS) : https://scs-css.ca/ressources/brochures/guide-patient

Examinons à présent les traitements de l’AOS. Gardez à l’esprit que leurs avantages l’emportent largement sur leurs coûts et qu’ils en valent la peine et les efforts requis. Les traitements permettent de supprimer ou de corriger bon nombre des symptômes et des risques de santé associés aux apnées du sommeil, tels que les arrêts respiratoires, la somnolence, la fatigue, les ronflements, les troubles cognitifs ainsi que les risques cérébraux et cardiovasculaires. Ils permettent de réduire les risques de problèmes de santé irréversibles, tels que les accidents vasculaires cérébraux, le diabète ou la démence.

Voici les traitements les plus courants permettant
de renverser la vapeur avant qu’il ne soit trop tard.

1. Appareils de ventilation à pression positive continue (connus sous le nom de CPAP pour « Continuous Positive Airway Pressure » devices)

L’utilisation d’un appareil CPAP pendant le sommeil est le traitement privilégié et le plus efficace d’apnées modérées ou graves.

C’est un petit appareil muni d’un masque qui insuffle doucement de l’air en continu, à une pression prédéfinie qui empêche les voies respiratoires de s’affaisser.

Le dispositif de CPAP n’est pas compliqué à utiliser, mais – il ne faut pas se le cacher – il vous faudra parfois de la persévérance pour vous y habituer. Les bienfaits sont un facteur de motivation, puisque certains symptômes diurnes comme la somnolence excessive ou les maux de tête matinaux disparaissent très rapidement, parfois même après une seule nuit d’utilisation. D’autres symptômes, comme les problèmes de mémoire, peuvent prendre plus de temps à se résorber ; seule une utilisation constante peut vous aider. Gardez le cap et vous y arriverez !

Prenez le temps de choisir le masque qui vous convient, car il existe de nombreux modèles personnalisables. Pour que l’appareil fonctionne efficacement, vous devez vous habituer à porter le masque nasal ou facial en dormant et vous sentir à l’aise. Votre professionnel du sommeil vous assistera tout au long de la transition. Les groupes de soutien sont très utiles, car les participants peuvent s’encourager mutuellement et proposer des solutions à mesure que les problèmes surviennent.

Le bruit produit par l’appareil CPAP est très faible et ne dérangera pas votre partenaire de lit.

2. Appareils buccodentaires ou autres dispositifs (par exemple, dilatateurs nasaux ou protecteurs buccaux)

Excellent contre les ronflements et l’apnée obstructive légère ou modérée.

Ces appareils maintiennent les voies respiratoires ouvertes en tenant le nez ou la bouche dans une position optimale, ce qui réduit le risque d’affaissement lors de l’inhalation. L’orthèse d’avancement mandibulaire, par exemple, fait avancer la mâchoire inférieure et la maintient dans une position plus basse, de manière à corriger les caractéristiques faciales qui sont à l’origine des ronflements ou des apnées.

Il peut s’agir d’un traitement de remplacement de l’appareil CPAP.

Attention à ne pas obstruer davantage votre respiration en utilisant un appareil buccodentaire. Le choix du bon traitement nécessite l’aide de spécialistes du sommeil, comme

Il peut s’agir d’un traitement de remplacement de l’appareil CPAP.

Attention à ne pas obstruer davantage votre respiration en utilisant un appareil buccodentaire. Le choix du bon traitement nécessite l’aide de spécialistes du sommeil, comme un dentiste spécialisé en médecine du sommeil.

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3. Thérapie positionnelle (ne pas dormir sur le dos)

Efficace contre les ronflements et l’apnée légère. Peut-être combinée à l’utilisation d’un appareil CPAP ou à d’autres dispositifs.

Comme la langue peut bloquer davantage le fond de la gorge lorsque vous dormez sur le dos, apprenez à dormir sur le côté et restez dans cette position.

Pour ce faire, il est souvent nécessaire de s’appuyer sur des butoirs latéraux. Plusieurs solutions ingénieuses ont été imaginées par les dormeurs pour éviter de rouler sur le dos : coudre des balles de tennis au dos de leur haut de pyjama, porter un soutien-gorge à l’envers qui contient des balles de tennis, porter un sac à dos ou dormir contre un oreiller de corps. On peut aussi acheter des accessoires tout fait tels que des ceintures ou des chandails anti-ronflements ou des alarmes positionnelles.

4. Traitement chirurgical des anomalies des voies respiratoires

La chirurgie est efficace lorsque les ronflements ou les apnées sont dus à une malformation structurelle de la gorge ou à la position de la mâchoire. Il peut s’agir de caractéristiques de naissance ou découlant d’un accident de voiture (coup du lapin entraînant des blessures cervicales), par exemple.

5. Contrôle du poids

Si les ronflements ou l’apnée du sommeil sont liés au surpoids ou à l’obésité, il faut s’efforcer de perdre du poids car l’accumulation de tissus adipeux dans le cou peut provoquer l’affaissement des voies respiratoires. La chose est plus facile à dire qu’à faire, bien sûr. N’empêche : la perte de poids est un traitement extrêmement efficace, qui justifie des efforts soutenus. Encore une fois, les groupes de soutien et l’aide des professionnels de la santé sont très utiles pour ne pas perdre de vue les objectifs et aborder les problèmes à mesure qu’ils se présentent.

Quelles sont les causes de l’apnée obstructive du sommeil ?

Les ronflements et l’apnée obstructive du sommeil (AOS) sont souvent liés à une combinaison de facteurs, tels que l’anatomie du sujet (particularités du visage, du cou et de la gorge), le poids, l’âge, les anomalies respiratoires dues à un accident automobile, par exemple, ou les habitudes de vie, comme la consommation d’alcool.

Plus précisément, chez les enfants comme chez les adultes, les facteurs de risque physionomiques comprennent :

  • Des amygdales et/ou des végétations adénoïdes (ganglions lymphatiques situés derrière le nez) plus grandes que la moyenne (hypertrophiées),
  • Un surpoids ou avoir un cou de large circonférence,
  • Une mâchoire ou la partie moyenne du visage petite ou fuyante,
  • Une langue plus grosse que la normale,
  • Un tonus musculaire plus faible que la normale (par exemple chez les personnes atteintes du syndrome de Down, d’une paralysie cérébrale et de troubles neuromusculaires).

Ces profils à risque peuvent être innés ou acquis – consécutifs à un coup du lapin lors d’un accident d’automobile causant des dommages au niveau cervical, par exemple. La somnolence et la fatigue résultant de blessures des voies respiratoires peuvent causer des symptômes d’apnée et empêcher le rétablissement complet. Les professionnels de la santé peuvent être formés pour reconnaître les morphologies (voies respiratoires, visage, cou et corps) plus vulnérables que les autres. Les médecins pneumologues, les inhalothérapeutes et les spécialistes de la médecine du sommeil ont l’œil et sauront les identifier.

L’AOS peut être d’origine familiale, mais ce n’est pas à proprement parler une maladie génétique. Le caractère héréditaire de l’apnée du sommeil est en fait lié, par exemple, à la morphologie commune des traits cranio-faciaux et des voies respiratoires supérieures ou encore des tissus adipeux.

Quelles sont les répercussions de l’apnée obstructive du sommeil ?

Les ronflements, sans apnées associées, n’ont aucune incidence sur la santé, si ce n’est qu’ils peuvent perturber le sommeil de la personne qui partage leur lit.

En revanche, l’AOS est un problème de santé grave qui a des effets nuisibles. Ces effets sont tous liés à l’insuffisance chronique en oxygène, à la mauvaise qualité du sommeil et au manque répété de sommeil, notamment de sommeil profond.

Plusieurs symptômes sont temporaires et peuvent être éliminés lorsque les apnées du sommeil sont décelées à temps et qu’un traitement efficace est instauré et observé. Dans un délai d’un jour à plusieurs mois suivant un traitement approprié, les symptômes et les problèmes de santé nocturnes et diurnes énumérés dans le tableau ci-dessus peuvent se résorber ou s’atténuer considérablement.

Par contre, des conséquences peuvent être irréversibles et se faire sentir tout au long de la vie. L’AOS non décelée ou non traitée peut aboutir à de graves problèmes médicaux chroniques comme le diabète, des accidents vasculaires cérébraux, une cardiopathie ischémique, des troubles cognitifs et une perte permanente de la mémoire.

Un sommeil de mauvaise qualité affecte tous les aspects de la vie, y compris la vitalité, l’attitude générale et la productivité. Certains symptômes de l’apnée du sommeil, tels que la somnolence, ont des conséquences dangereuses, car ils peuvent occasionner un plus grand nombre d’accidents du travail ou de la route.
L’AOS est un enjeu majeur de santé publique. Elle représente aussi un lourd fardeau économique. Il en coûte moins à la société et aux individus concernés d’obtenir de l’aide que de ne rien faire et d’endurer ce trouble respiratoire du sommeil traitable. Rappelez-vous : réagissez sans tarder pour renverser la vapeur une fois pour toutes, le jeu en vaut la chandelle.

* SOMNOLENCE VS FATIGUE
La somnolence est l’envie ou le besoin, difficilement répressible, de dormir pendant la journée. À ne pas confondre avec la fatigue, c’est-à-dire une sensation d’épuisement physique ou mentale qui incite à se reposer, sans toutefois se traduire par un sommeil involontaire ou une envie excessive de dormir. Les gens fatigués peuvent combattre sans grandes difficultés le sommeil pendant la journée. Par contre, les gens somnolents sont pour ainsi dire envahis par le sommeil : ils peuvent tomber endormis en classe, au travail ou en conduisant, par exemple. La somnolence n’est pas un état normal. Elle est associée à une perte ou à une mauvaise qualité de sommeil aiguë (privation de sommeil) ou chronique. Il s’agit d’un symptôme important de certains troubles du sommeil, mais aussi de certains problèmes médicaux ou psychologiques. Ne fermez pas l’œil sur la somnolence !